Bernard Natan 

Film documentaire de Francis Gendron

Lundi 2 octobre 2017

à 19h30

au Farband

En présence de l'auteur et d'Alain Braun, réalisateur

  Après une trilogie sur les producteurs et un film sur Jean Zay, ministre du cinéma,  Francis Gendron dresse ici le portrait d’un des personnages les plus importants de l’industrie cinématographique de l’avant-guerre, oublié des historiens du cinéma.

  Bernard Natan, né Natan Tannenzaft  le 18 juillet 1886 de parents juifs à Iași en Roumanie, est un producteur franco-roumain qui a contribué à fonder l'industrie du cinéma en France.

  En février 1929, il acquiert la société Pathé, qui est alors la plus grande compagnie de cinéma de France. Très vite, Bernard Natan propulse "la firme au coq" dans une vaste réorganisation industrielle. Il construit le plus grand réseau de salles de cinéma, produit plus de 65 longs-métrages de fiction, modernise les studios et les salles pour les adapter au cinéma parlant. Il relance le Pathé Journal. Le succès est si évident que la Revue cinématographique française lui consacre un numéro spécial en 1934 : « Une grande firme, un chef, Bernard Natan ».

  Mais la reprise de Bernard Natan coïncide avec la Grande Dépression de 1929 qui atteint tous les secteurs de l'économie alors que Pathé subissait déjà une situation financière difficile. Et il  est attaqué sans répit par la presse française qui critique sa façon de diriger son groupe. Plusieurs de ces attaques sont d'ordre antisémite. Il devient « le juif le plus haï de France ».

  En 1935 Pathé tombe en banqueroute. Les autorités françaises inculpent Bernard Natan pour escroquerie. Il est accusé d'avoir créé des sociétés fictives, et de mauvaise gestion des affaires. On l'accuse même d'avoir caché ses origines roumaines et juives en changeant de nom. Il est arrêté et emprisonné en 1939. En 1942, il est déchu de la nationalité française et, apatride, est envoyé au camp de Drancy.

  Le gouvernement français le livre ensuite aux forces d'Occupation allemandes le 23 septembre 1942. Il est alors envoyé au camp de concentration d'Auschwitz, par le Convoi No. 37, en date du 25 septembre 1942, où il meurt quelques mois plus tard, probablement en 1943.

  Son nom roumain, Natan Tannenzapf, figure sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah.

Informations supplémentaires