Lundi 26 mai 2025 à 15h au FARBAND
« De livre en livre, quelque chose m’attire irrésistiblement vers le passé, constate Henri Raczymow : mon enfance, mes parents, mes grands-parents, et même le passé parisien de mes parents et celui de mes aïeux quelque part en Pologne avant la Catastrophe. ».
Dans ce petit livre, Henri Raczymow évoque donc sa mère Anna par de courts chapitres formant une sorte de kaléidoscope. Ce sont, dans la France de l’immédiat après-guerre, tantôt des instants, comme des flashs photographiques, tantôt des scènes plus élaborées surgissant de l’enfance, puis de l’adolescence de l’écrivain.
Par petites touches, Henri Raczymow ressuscite sans mélancolie, plutôt avec ironie et parfois cruauté, les relations qu’il eut avec sa mère, et sa mère avec lui. Une jeune femme juive polonaise, bien potelée et sans complexes. Parfois ridicule.
Il restitue, pour ceux qui l’ont connu, le quartier yiddish de Belleville ; l’odeur de ses ruelles pentues, ses taudis, ses modestes restaurants, ses ateliers de tailleurs, de chapeliers, presque tous impécunieux, mais acharnés à devenir prospères.
Henri Raczymow réussit à nous donner en partage ce monde disparu. Ce livre est un bonbon légèrement acidulé qui se déguste avec un grand plaisir.

Biographie
Henri Raczymow est un écrivain français né le 15 avril 1948 à Paris. Petit-fils d’émigrés juifs polonais, il a consacré une grande partie de son œuvre à la mémoire et à l’identité juive.
Professeur de lettres à Paris jusqu’en 2008, il a publié son premier livre, La Saisie, en 1973. Son roman le plus connu, Un cri sans voix (1985), explore les effets de la Shoah sur la génération suivante. Il a également traduit plusieurs romans de la littérature yiddish dans les années 1980.
Henri Raczymow a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1980-1981. Il a écrit de nombreux romans, récits et essais littéraires, dont Le Cygne de Proust (1989) et Elle chantait Ramona (2017). Son travail met en lumière les traces mémorielles personnelles et familiales avant qu’elles ne disparaissent






