Henry BATTNER, un pilier historique du FARBAND, s’en est allé …
L’hommage du président

Henry vient de nous quitter. Une profonde tristesse pour nous tous ...

Discours prononcé par le président du FARBAND lors des obsèques de Henry BATTNER

En mémoire d’Henry BATTNER

 Cher Alain, Cher Cyril, Cher Jean-Marc,

Chère famille d’Henry,

Chers Amis

Nous sommes réunis aujourd’hui avec une profonde émotion pour dire adieu à un homme dont la vie fut indissociable de l’engagement, de la fidélité à ses valeurs et du service des autres.

Il est des êtres que l’on imagine éternels, tant leur présence nous semble aller de soi. Et pourtant le temps les rattrape, comme nous tous. Et c’est précisément pour cela que l’absence d’Henry nous bouleverse aujourd’hui autant.

Henry a été président du FARBAND pendant une longue période, mais il en fut surtout l’une des consciences. Il n’a jamais considéré cette responsabilité comme un titre ou un honneur personnel, mais comme une mission : celle de faire vivre des idéaux de justice, de solidarité et de transmission. Il croyait profondément à la force du collectif, à la nécessité de l’action, et à la responsabilité que chacun porte à l’égard de sa communauté.

Militant infatigable, Henry n’a jamais dissimulé ses convictions politiques. Elles étaient assumées, réfléchies, parfois passionnées, mais toujours portées par une exigence morale et une fidélité à l’humain. Pour lui, les idées n’avaient de sens que si elles se traduisaient en actes. Et il a agi, sans relâche.

Son engagement dépassait largement le cadre de notre association, le FARBAND. Il a été présent dans de nombreuses organisations communautaires, en particulier le CRIF, l’Appel Unifié puis le Fonds Social Juif Unifié. Il était présent également à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le Mémorial de la Shoah et tant d’autres organisations. Il était convaincu que les combats se mènent ensemble et que les ponts sont toujours préférables aux murs. Là où certains voyaient des obstacles, il voyait des responsabilités à prendre.

Il fut aussi un bâtisseur. Henry a contribué à fonder plusieurs organisations, laissant derrière lui des institutions vivantes, durables, capables de continuer sans lui. Parmi elles, Yiddish Sans Frontière à laquelle il tenait tout particulièrement, car elle incarnait ce qui lui était cher : la mémoire, la langue, la culture et la transmission. Pour lui, préserver le yiddish, ce n’était pas regarder vers le passé, mais donner de la profondeur à l’avenir. Mais aussi Sauvegarde et Mémoire-Norbert Dana car il avait le souci de la pérennité des Sociétés d’originaires et de la conservation des caveaux des sépultures des Survivants de la Shoah, des Enfants Cachés dont il faisait partie, des sociétaires du FARBAND.

Il portait aussi, et surtout, le devoir de mémoire envers les Victimes de la Shoah. Aux côtés de Madame Hidalgo, il fut l’instigateur de la stèle qui leur est dédiée, et qui se trouve ici, juste à nos côtés.

Et nous avons eu une chance immense : celle d’être à ses côtés.
Chance de travailler avec lui, de militer avec lui, d’apprendre à ses côtés.
Car Henry transmettait autant qu’il agissait. Par son exigence, par sa rigueur, par sa fidélité à ses valeurs, il nous a formés, parfois bousculés, toujours élevés. Être à ses côtés, c’était apprendre ce que signifie s’engager vraiment.

Aujourd’hui, il nous laisse un héritage immense.
Un héritage fait des institutions qu’il a contribué à fonder, des combats qu’il a menés, des langues et des cultures qu’il a défendues, mais surtout d’un exemple. Cet héritage nous oblige. Il nous rappelle que l’engagement n’est jamais abstrait, qu’il se vit, qu’il se construit, et qu’il se transmet.

Nous perdons aujourd’hui un homme de conviction, un homme d’action, un homme fidèle. Mais son héritage demeure : dans les structures qu’il a contribué à créer, dans les consciences qu’il a éveillées, et dans la responsabilité qu’il nous confie.

À sa famille, à ses proches, nous voulons dire notre reconnaissance et notre gratitude d’avoir partagé Henry avec nous. Que vous sachiez que son nom, son engagement et sa mémoire continueront de vivre au cœur de notre association et bien au-delà.

Henry tu nous laisses une responsabilité : celle de poursuivre, avec la même exigence et la même humanité, le chemin que tu as tracé.
Que ton souvenir soit une source d’inspiration, de bénédiction et de courage.

Baroukh Dayan Haemeth.

Fernand Zerbib

Président du FARBAND-Union des Sociétés Juives de France

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