Rencontre avec Jean-Yves Potel

Il traite aussi les questions mémorielles – La fin de l’innocence, la Pologne face à son passé juif (Éditions Autrement 2009) – et analyse l’évolution des mouvements démocratiques dans le bloc soviétique – Les Cent Portes de l’Europe centrale (Éditions de l’Atelier, 1998) ; Quand le soleil se couche à l’Est, Essai sur la fin du communisme (Éditions de l’Aube, 1995).
Jean-Yves Potel

Il traite aussi les questions mémorielles – La fin de l’innocence, la Pologne face à son passé juif (Éditions Autrement 2009) – et analyse l’évolution des mouvements démocratiques dans le bloc soviétique – Les Cent Portes de l’Europe centrale (Éditions de l’Atelier, 1998) ; Quand le soleil se couche à l’Est, Essai sur la fin du communisme (Éditions de l’Aube, 1995).

    Il s’est également beaucoup intéressé à l’expression artistique dans cette région de l’Europe (théâtre, littérature et arts contemporains), sur laquelle il a écrit de nombreux articles et assuré des chroniques radiophoniques (France Culture, 1990-2000). Il est l’auteur de deux recueils de poésie, d’un essai biographique sur l’œuvre d’une romancière française d’origine polonaise – Les disparitions d’Anna Langfus (Noir sur Blanc, 2014), d’un ouvrage sur une artiste tsigane polonaise Papusza, poétesse tsigane et Polonaise, (nr 48 & 49 d’Études tsiganes ; Paris 2013), et de l’édition et de la traduction française (avec Monika Prochniewicz) de Wladislaw Szlengel, Ce que j’ai lu au morts, poèmes du ghetto de Varsovie, Circé, 2016. 

    Né en 1948 dans l’ouest de la France, Jean-Yves Potel vit à Paris.

Couverture Les disparitions dAnna Langfus

    Anna Langfus (Lublin 1920 – Paris 1966) est une romancière et dramaturge de langue française d’origine polonaise, auteure de textes sur la Shoah et sur la tragédie de ceux qui en ont survécu.

    Elle venait de Lublin, en Pologne. Durant la seconde guerre mondiale, elle connut les ghettos de Lublin et de Varsovie, dont elle parvint à s’évader. Elle connut l’arrestation par la Gestapo, l’exécution de son mari et la torture mais survécut. En outre, la plupart des membres de sa famille furent exterminés. 

    Réfugiée en France en 1946, après la guerre, elle devient romancière et dramaturge à partir de 1956, et malgré une courte carrière littéraire, gagne la reconnaissance comme auteur écrivant en français.

    Elle produisit plusieurs romans et pièces de théâtres dont les difficultés de survivre à la Shoah ne furent pas absentes. Elle a été l’une des premières à aborder ces questions dans ce qu’il est convenu d’appeler la «littérature de la Shoah ». Elle est ainsi considérée comme un écrivain majeur en langue française sur ce sujet.

    Elle est notamment l’auteur de la première pièce de théâtre en langue française qui représente un des moments de la Shoah, « Les Lépreux », pièce jouée en 1956 sous la direction de Sacha Pitoëff. Elle y évoque les arrestations et les assassinats des juifs polonais en 1941. Cette forme théâtrale s’avère sans doute trop pénible pour les spectateurs qui sont nombreux à quitter la salle.
« Le Sel et le soufre », paru en 1960, évoque son périple pendant la guerre. Ses qualités littéraires retiennent immédiatement l’attention de la critique et du public. Elle reçoit pour ce livre le prestigieux prix Charles Veillon. Le roman suivant, « Les Bagages de sable » obtient le prix Goncourt en 1962. Elle y présente sous la forme d’une aventure amoureuse ratée, la douleur d’une rescapée de la Shoah incapable de revenir au monde.

    Elle est la quatrième femme à obtenir le Prix Goncourt.

    Les livres d’Anna Langfus nous parlent des blessés, de ceux et de celles qui restent après les massacres, qui déambulent invisibles dans nos rues et nos parcs de ceux qui ne parviennent pas à s’en sortir et que certains ne supportent plus.

    Elle décède jeune d’une crise cardiaque en mai 1966 à l’hôpital de Gonesse. Elle a alors 46 ans, alors qu’elle accédait à une notoriété internationale. Elle laisse une œuvre brève écrite « dans un même souffle au cours d’à peine cinq à six ans ».

    Exploration à la fois historique, biographique, et littéraire, “Les disparitions d’Anna Langfus” interroge la manière de transmettre l’expérience de la guerre et de la Shoah. Il montre comment Anna Langfus ne donne pas un témoignage au sens propre, mais plutôt une évocation intime de la Catastrophe, et surtout du désarroi des survivants juifs, elle qui fut la première et l’une des rares romancières françaises à transmettre la violence de cette épreuve par la fiction.

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